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Live report Charles Bradley Epicerie Moderne Feyzin 16/11/13

Mr Bradley, we love you.

Charles Bradley est un homme hors norme. Dans son documentaire, Soul Of America, sortie début 2013, il relate les souffrances et les embûches qu’il a eut à traverser avant de  faire la rencontre de Thomas Brenneck, leader du Menahan Street Band. A 62 ans, le chanteur de Brooklyn sort son premier album, No Time For Dreaming, encensé par les critiques et le public. Cette année il entame donc une tournée pour nous présenter son deuxième bébé, Victim Of Love. Un album dans lequel il continue de se raconter mais surtout par lequel il tient à remercier son public de l’avoir aider à grandir ces 4 dernières années.

Ce soir à Feyzin le concert est complet mais certains fans sont venus dans l’espoir de trouver une place de dernière minute. L’excitation à l’idée de voir “the Screaming Eagle of Soul” est palpable.
A 21h, ses “Extraordinaires” (ses musiciens, traduit en francais) font leur entrée sur la scène de l’Epicerie Moderne. C’est parti pour un revival 70′s à la sauce funk , blues psychédélique. Pendant 10 min, les 6 musiciens chauffent la salle, puis le claviériste s’avance et lance à la manière d’un présentateur d’un match de boxe: “Mesdames et Messieurs, merci d’accueillir mister Chaaaaarles Braaaaadleeeey”. Enfin il est là, majestueux dans une tenue blanche strassée, il salue son public qui l’accueille chaleureusement. Il vient de fêter ses 65 ans mais il reste bluffant par l’énergie qu’il déploie sur scène et l’intensité de son interprétation.

Sa voix éraillée et rugueuse met la salle en transe. Certains scandent un « Charles, je t’aime ! », et lui de répondre « je t’aime aussi ! « .  Juste après son titre You Put the flame on me, changement de tenue. Vêtu cette fois ci d’une longue cape noire, toujours agrémentée de strass,  au son de Where do we go from here  il partage ses quelques mots :« Faisons de ce monde un monde meilleur pour la génération à venir ». Charles Bradley est un précheur de l’amour. Sa sincérité et son humilité subliment sa performance.Le public lyonnais, connu pour être assez froid et timide, est en totale communion avec lui. Il exulte, crie, chante, danse, pleure….Les spectateurs sont saisis par une pléiade d’émotions.  Un esprit d’amour et de partage règne dans la salle.

Parfois, le jeune sexagénaire se prête au jeu en dansant de manière lascive. Il se donne corps et âme. Le charme opère, une tendresse s’installe entre lui et son public. L’ombre aussi du Godfather Of Soul n’a cessé de planer tout au long de sa performance. Lui qui a pendant longtemps imité James Brown dans les clubs de Brooklyn ne peut s’empêcher de rendre hommage à son idole. Le roi de la Soul n’aurait pu  rêver de meilleur filleul.
Un rappel et une troisième tenue  sonnent la fin du show. C’est sur Victim Of Love que le chanteur de soul nous fait son ultime déclaration d’amour.Il descend ensuite dans la fosse  embrasser ceux et celles qu’il appelle ses frères et sœurs.

Les yeux embués de larmes, il s’éclipse en coulisse,  laissant le sentiment infini que l’amour conquiert tout.
Plus qu’un concert,  le public repart en ayant le sentiment d’avoir assisté  à une véritable leçon de vie.

Victim of Love-Album en écoute et dispo ici

Astha
Twitter: @malaika84 

Toutes les photos du concert ici
Photographe : Paul Bourdrel

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