samedi 23 septembre 2017
Home / Live Report / Live Report : Michael Kiwanuka – 20 Novembre 2016 – L’Epicerie Moderne

Live Report : Michael Kiwanuka – 20 Novembre 2016 – L’Epicerie Moderne

La force tranquille Kiwanuka

Si l’on demandait à chacun son humeur du Dimanche soir alors qu’approche le redoutable Lundi, les réponses les plus évidentes seraient : tristesse, mélancolie, stress pré-trauma du luna dies (lundi en latin). Afin de retrouver un peu de sérénité, il ne pouvait donc pas avoir de meilleur jour pour assister au concert du prodige de la folk-soul, Michael Kiwanuka.

Avec une mise en scène plutôt sobre et intimiste (quelques projecteurs et amplis vintages) le musicien-chanteur-compositeur fait son entrée avec un titre aux allures de Pink Floyd. Il démarre tout en douceur pour monter en intensité progressivement.

L’Epicerie Moderne affiche complet et pour cause, le public semble envouté dès les premiers morceaux par la voix éraillée et puissante du jeune londonien. Il est aussi soutenu par ses incroyables musiciens (un bassiste, un guitariste, un claviériste, un batteur et un percussionniste). Au rythme des ballades c’est un peu le chaud et le froid qui soufflent.

L’assistance se retrouve prise dans le tourbillon de ses morceaux phares les plus groovy, où chaque instrument puise sa force et la transmet volontiers. Et d’autres fois ses ballades, parfois interprétées en acoustique ramènent dans un doux spleen, captivant par les intervalles de silence.

Ses influences s’entremêlent au fil des morceaux, parfois on y reconnait un rock presque Hendrixien, d’autres fois une soul Marvin Gayène résonne, ou même un afrobeat Féla Kutien. Malgré tout le fil conducteur reste ce folk teinté de soul, au rythme parfois lancinant ou entêtant.

Michael Kiwanuka est l’homme des dualités et sa musique n’y échappe pas. Pour certains peut être un sentiment d’ennui voire de dissonance prend le pas au fil du concert alors que pour d’autres la simplicité, et la grâce de ses mélodies épurées sont appréciables.

L’universalité des thèmes abordés se mêle à l’intime par la force de son interprétation. Pourtant il paraît presque effacé, comme si tout en étant mis en lumière il préfère rester l’homme de l’ombre.

Il intéragit peu avec son audience et enchaine sa setlist. Elle est surtout composée de titres de son dernier opus « Love and Hate », tel que A Black Man in a White World (un blues aux accents gospel entraînant), et aussi ses tubes comme Home Again. Les aficionados de la guitare ont certainement eu un coup de foudre et une envie folle de ne faire qu’un avec leur gratte. A plusieurs reprises, Michael Kiwanuka joue soit de sa guitare sèche soit de sa guitare électrique, un instrument qu’il maîtrise à merveille.

Après une 1h15 – juste ce qu’il faut pour apprécier la qualité de ce style musical, et un rappel sur le titre Love and Hate, il s’éclipse toujours empreint de cette humilité et discrétion qui fait tout son charme.

Envolé le « stress pré trauma du Luna Dies », et retour à une plus douce réalité où l’amour du crooner folkeux pour son art et ses convictions profondes valsent encore dans les têtes.

 

Astha Konaté

Blog: http://youareunik.blogspot.fr/
Retrouvez la sur Facebook, Twitter, et Tumblr.
Toutes les photos de la soirée ici
Photographe : Lionelle Nouck-Nouck