dimanche 23 juillet 2017
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Live Report : Larry Graham – 08 Juillet 2017 – Jazz A Vienne

37 degrés au thermomètre, une chaleur de plomb qui découragerait presque de se rendre à Vienne. Que nenni, j’ai rendez vous ce soir avec l’inventeur du Slap, celui qui a ouvert le chemin pour beaucoup d’autres alors monsieur canicule vous n’aurez pas le dernier mot.

Larry Graham, pour un musicien confirmé, un mélomane pur et dur, c’est l’un des pères du Funk et le pilier de la basse électrique, alors l’exigence est grande. Apres l’époustouflante prestation de Trombone Shorty, je crains qu’il soit difficile de faire aussi bien .

Il est minuit quand le mythique Larry Graham et son Graham Central Station relance les festivités. Telle une rock star, le bassiste légendaire part de la régie et traverse la fosse, chapeau blanc avec plume vissé sur la tête. Ashling Cole, la chanteuse du groupe ravit le public avec sa voix soul, parfois rauque.

La frontière entre le Rock’n roll, le Blues et la Funk n’a jamais été aussi « abolie » que ce soir. Notamment grâce au synthétiseur qui nous ramène dans les années 70-80 quand la Funk et le Disco étaient à leur apogée. Mister Graham a une classe folle du haut de ses 70 ans. Une énergie communicative mais pas assez pour certains spectateurs pour qui il est l’heure d’aller se coucher. Marco Prince et Jeanne Added en invités de choix rejoignent le groupe sur quelques morceaux.

Puis arrive le « moment émotion ». Larry Graham rend hommage à Prince, celui qu’il appelle « mon frère ». Purple Rain, LE  tube mythique résonne pour mon plus grand plaisir (entre nous, j’ai même versé une larmichette)

Pour leur dernier morceau , des spectateurs et spectatrices sont invités à monter sur scène pour danser !  Un final qui enchante tout le monde et ravive l’esprit de fête.

Il me faut le dire, je suis une amatrice de Funk mais ce n’est pas la musique que je vais écouter spontanément tous les jours. Mes connaissances en la matière sont donc modestes. Ce concert, j’y suis arrivée sans à priori. Et si je devais donc porter une critique de novice, le constat est simple, j’ai passé un super moment !

Mais j’ai recueilli l’avis d’un fan absolu du genre, musicien dans la vie, qui m’a mis un doute. « Alors tu as aimé ? » lui ai-je demandéCe à quoi M. me répond: « Non, au bout de 35 min je suis parti . Une intro complètement raté, il attaque un demi ton en décalage… Le Funk ça doit te prendre au tripe dès les premières secondes, et bien je n’ai pas eu cette sensation ».

Curieuse je pousse un peu la conversation et constate que ce qui a déçu M. c’est le syndrome du musicien qui voit (et paye cher sa place ) une de ses idoles ne pas donner le meilleur de lui même. M avait déjà vu Mister Graham et trouve que ça envoyait plus du « pâté » que ce soir.  « Peut être qu’il serait temps de partir par la grande porte tant qu’il est encore temps, que de laisser une note amère. Il pourrait produire d’autres artistes « . Voici donc la reconversion proposée à Larry.

Mais la retraite ne semble pas à l’ordre du jour ! Je comprends son ressenti mais je ne le partage pas. La musique n’est pas qu’une histoire de technique maîtrisée à la perfection.

C’est avant tout un vecteur d’émotion, de partage, de valeurs ou également un médium pour des messages assumés. Larry Graham n’a peut être pour certains plus l’étoffe. Mais il reste pour des milliers une inspiration qui a notamment poussé beaucoup de jeunes à travers le monde à jouer d’un instrument et à rêver d’en faire un métier.

Astha Konaté / @http://youareunik.blogspot.fr/

Photographe : Renaud Alouche / @Renaud Alouche
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