dimanche 22 octobre 2017
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Live Report : 13 Juillet 2016 / Soirée « All Night Jazz » / Jazz A Vienne

Robin McKelle

Nous y voilà ! Pour l’équipe Night Groove, la « All Night Jazz » sonne la fin du festival Jazz à Vienne ! C’est un marathon de concerts qui va se dérouler sous nos yeux, pour le plus grand plaisir de nos oreilles ! 20h30 > 6h du matin, la soirée s’annonce riche en groove, en rencontres, en émerveillements mais également en cafés ! Après que le groupe nOx.3(lauréat du tremplin RéZZo FOCAL) ait lancé le début des festivités, c’est au tour de la talentueuse Robin McKelle, considérée comme l’une des plus belles voix du jazz vocal actuel, de venir présenter au public du Théâtre Antique son dernier album « The Looking Glass ».Resplendissante, tant par sa beauté que par son élégant look funky chic, la chanteuse à une technique vocale impeccable !

L’auditoire est réceptif à l’énergie foudroyante de l’américano-irlandaise. Il faut dire que Robin McKelle présente ce soir un nouveau répertoire qu’elle a voulu plus « intime et contemporain”, s’éloignant quelque peu du répertoire Rythm’n Blues, Blues Jazz qui l’a fait connaître. Sa voix mezzo,éraillée et profonde profite à la sonorité pop soul/ jazzy de ses nouveaux morceaux qui s’écoutent facilement. Le set est rodé, McKelle est une performeuse généreuse !

Que ce soit sur des rythmiques dynamiques ou sur une ballade qu’elle joue seule au piano, la chanteuse sait tout faire : elle maîtrise chaque rouage de sa voix à la perfection, rien n’est mis à côté. Elle scat, danse, sait comment enflammer l’audience mais également faire preuve de subtilité et d’émotions. Alors que la nuit tombe peu à peu sur le Théâtre, une reprise de « Tainted Love » fait lever et chanter le public. Son hommage à Prince est très émouvant quand elle se met seule au piano et chante Nothing Compares 2 U. Le concert se termine sous une salve d’applaudissements. Miss McKelle a fait le job, la « All Night Jazz » semble commencer sous les meilleures auspices !

J.G

FAADA FREDDY

23h05 : Sur scène, quatre garçons et une fille, très élégants, disposés en arc de cercle entament un chant. Percussions et basses se dégagent du morceau mais en regardant attentivement la scène on réalise que tous les sons émis viennent des voix et percussion scorporels des 5 choristes (Michael Désir, Jean-Marie Marrier, Emmanuel Vincent, Philippe Aglaé et Gisela Razanajatovo).

Alors que le public semble déjà conquis par l’installation, les cris redoublent avec l’apparition de Faada Freddy et son chapeau haut-de-forme vissé sur la tête. Deux ans après avoir enflammé la scène Cybèle,le chanteur et rappeur sénégalais est de retour sur la grande scène de Vienne pour présenter son album « Gospel Journey ».

Le show commence et je dois dire que le spectacle des corps et des voix remplaçant des instruments avec une précision bluffante se révèle être une expérience juste fascinante ! Battements de pieds, claquements de mains, utilisation de la poitrine comme caisse de résonance, imitation vocale d’instruments à vent, toutes ces sonorités excitent les sens (mention spéciale à l’ingé son tant le rendu est parfait !)

Tout au long de la soirée, les morceaux au groove irrésistible vont s’enchaîner. Par le timbre de sa voix magnifique d’expressivité, Faada et ses soutiens font cohabiter la soul, le r’n’b, la funk, le gospel, la chanson traditionnelle africaine mais également le reggae (avec une reprise très émotionnelle de « No Woman, No Cry ») et la techno.

Sur la scène Viennoise, le chanteur prouve que son projet hors-normen’est pas qu’un miracle de studio. Jouées live, ses chansons y gagnent en intensité. Portées par des gimmicks accrocheuses, elles sont d’ailleurs très vite reprises en choeur par le public souvent sollicité par le front manpour devenir partie intégrante du show.

Rarement j’ai pu voir un groupe dépenser autant d’énergie à l’occasion d’un concert. On appelle cela la générosité, le respect et la passion. Et c’est communicatif ! L’espace d’un concert, la fosse du Théâtre Antique se transforme en véritable Dance Floor !

Ils ravivent le feu d’un garage rock sommaire et enthousiaste. « You could choose to be anywhere in this city but you choose to be here, and it’s mean a lot » déclame tout sourire A.J au public avant de descendre chanter et danser dans la fosse pour le plus grand plaisir de tous. Le défi est réussi, la fièvre se répand dans les rangs et c’est une ovation qui clôt ce show ennivrant.

Salve d’applaudissement, de cris, standing ovation, Faada Freddy a conquis le cœur de l’auditoire ! C’est le genre de concert qui laisse un sourire indélébile aux coins des lèvres. Le sentiment d’avoir partagé l’espace d’un instant un moment unique, généreux, du public, aux artistes ! Merci Faada, merci !

J.G

L’album Get Gone est disponible via label indépendant Fat Possum.

KAMASI WASHINGTON

Kamasi Washington a été l’un des points d’orgue de cette édition 2016. Le saxophoniste californien, du haut de son imposante stature, se tient prêt avec The Next Step, à transporter les derniers irréductibles du Théâtre Antique, dans un voyage cosmique. Son allure et la teneur de son oeuvre le placent en héritier direct de Sun­Ra, Pharoah Sanders et du mouvement avant­-gardiste des années 50 à 70.

Tout comme ses prédécesseurs, Kamasi Washington fait de sa musique un point de rencontre entre les constellations, les générations et les inspirations. C’est tout naturellement que la voix solaire de Patrice Quinn, les deux batteries de Ronald Bruner jr et Tony Austin, la contrebasse de Miles Mosley, le clavier de Brandon Coleman alias Professor Boogie, le trombone de Ryan Porter et la trompette de Donate Winslow partent d’un seul allant, à la croisée de l’espace et du temps.

Une performance aussi prenante que captivante s’est tenue lors de la All Night Jazz. Face à l’hommage rendu à Claude Debussy, ou encore les titres joués en compagnie de Ricky Washington, le père de Kamasi, l’heure était à la contemplation.

Kamasi Washington le précise, les instruments ne se supplantent pas et ne se combattent pas, ils conversent, à l’image du riche dialogue entre les deux batteries et le titre « Giant Feelings » composé et interprété par Brandon Coleman.

Les yeux écarquillés du début jusqu’à la fin, sous un froid automnal et à une heure très avancée, le public de Vienne remercie Kamasi Washingtond’une chaleureuse clameur avant Cory Henry….

A.D

La dernière fois que j’ai assisté à un live pareil, c’était devant Charles Bradley. Ce même  sentiment d’assister un concert exceptionnel. Le band à joué comme s’il se produisait devant des milliers de personnes. Fantastic Negrito est définitivement un groupe à suivre avec assiduité. Même avec ce niveau de jeu, le plus beau reste devant. Un costard taillé sur mesure pour Xavier : « Take bullshit, and turn it good shit » – la messe est dite !

L’album The Last Days of Oakland est disponible à l’écoute ici

Mad’ Joe

Toutes les photos de la soirée : ici
Photographe : Eric Meurice
Illustratrice : Gaïljah

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