samedi 21 juillet 2018
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Live Report : Black Star / Guts Live Band / Tank & the Bangas – 7 juillet 2018 – Jazz à Vienne

Sur le papier, la soirée Hip Hop du 38ème Festival Jazz à Vienne est alléchante :
Tank & The Bangas, une des révélations musicale de l’année, suivi par une carte blanche au beatmaker GUTS, puis la reformation du duo de légende Black Star accompagnés du groupe Hypnotic Brass Ensemble.
Funk-Rock from NOLA
Alors que le soleil commence gentiment à decliner sur le Théâtre Antique de Vienne, c’est la formation Nouvelle-Orléanaise «Tank and the Bangas» qui ouvre le bal.
De ce groupe se dégage une forte énergie, un gros son funk-rock qui n’est pas sans rappeler Parliament-Funkadelic. Emmené par Tarriona « Tank » Ball leur chanteuse à la forte personnalité et au charisme immédiat, les musiciens donnent beaucoup sur scène, habillés de wax africaine extravagante et colorée.
 
Le public est réceptif à l’énergie déployée, entre solos de guitare saturée et twerks déjantés de la maîtresse de cérémonie. Le groupe met le feu dans une arène romaine que j’ai rarement vue aussi vide.
Miss « Tank » illumine de son sourire le gros son costaud des Bangas. Elle nous offre de beaux échanges avec sa choriste Anjelika Joseph. La musique est Rock, efficace, calibrée pour les gros festivals. Le son n’est malheureusement pas très bien fait et le résultat un peu brouillon.

À la fin de leur concert, Tank & The Bangas offrent un moment scénique cocasse. Tous les musiciens se couchent sur scène pour faire monter la sauce jusqu’à lancer une version survoltée de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. Une partie du public se met à Pogoter et à lancer des Circle Pits dans la fosse, pendant que l’autre partie est déroutée et les insulte copieusement.
Simple et Funky
C’est au tour du beatmaker et producteur français GUTS de se présenter sur scène.
Celui qui fut le maître d’oeuvre de la musique du groupe « Alliance Ethnik » dans les 90’s répond à la demande du festival pour un concert unique, une création.
Le parisien est assis derrière son sampleur (une Akai MPC4000) avec un T-Shirt Mos Def. Il démarre le concert avec Florian Pellissier aux claviers. Il est vite rejoint par un basse/batterie et une grosse section de 5 cuivres.
Les deux MC américains du groupe « Tanya Morgan » entrent en scène. La formation envoie un son Hip Hop Boom-Bap bien léché.
Les morceaux défilent, les rappeurs et chanteurs aussi sans que l’on ne sache exactement qui est qui… Une chanteuse et rappeuse américaine, un autre MC venu d’outre-atlantique, le chanteur de RnB français Wolfgang.
Au total 13 personnes sur scène, tous affublés de T-Shirts à l’effigie de groupes de Rap légendaires (Wu-Tang Clan, Public Enemy, Run-DMC, Fugees etc.)
La MPC envoie des samples et des beats, repris et doublés par les instrumentistes. GUTS comme à son habitude, dirige les musiciens avec des signes de la main. Avec des airs de G.O. du Club Med, il vient sur le devant de la scène pour faire participer le public ou faire lever les bras. Le public joue le jeu. Le groove est festif, l’ambiance estivale. Le live est plutôt bien ficelé et sympathique.
C’est alors que les deux MCs « Féfé » et « Leeroy » du mythique « Saian Supa Crew » entrent en scène par une « interruption momentanée des programmes pour prendre le public en otage ». Une scènette a capella très réussie. La musique repart et les deux comparses (en costards noirs et chemises blanches) mettent le feu pour quelques morceaux. Certainement le meilleur moment de la soirée.
Le show dure encore une bonne vingtaine de minutes et nous laisse sur une bonne impression globale. GUTS a relevé son défi et le résultat est plutôt réussi.
Le retour de l’Étoile Noire
C’est le moment que tout le monde attend, la reformation du légendaire duo Black Star composé de Mos Def & Talib Kweli.
Un DJ entre sur le plateau. Il commence seul en scène en mixant des gros classiques Hip Hop avec les originaux qu’ils ont samplés.
Le son des platines est faible, le concert attaque sur 5 longues minutes de flottement. Très vite, les deux MCs de Brooklyn font leur apparition sous les applaudissements pour interpréter leur morceau « Astronomy ».
Ça gronde dans la foule. Le public est pour le moment déçu car le début du show n’est pas à la hauteur. L’instrumentale est presque inaudible. Mos Def aka Yasiin Bey est un peu sous-mixé avec son faux micro vintage à la main. Talib Kweli quand à lui fait le boulot tout du long.
Hypnotic Brass Ensemble entrent à leur tour, tout de blanc vêtus. Le groupe composé d’un basse/batterie/guitare et de 5 cuivres se met en route. Ça y est, la sauce commence doucement à prendre.
Une belle énergie finit par s’en dégager. Les gens dans la fosse connaissent une bonne partie des paroles, qu’ils reprennent spontanément en chœur.
Les musiciens rendent des hommages subreptices aux classiques du rap (« Ruff Ryder Anthem » de DMX ou « Check The Rhyme » d’A Tribe Called Quest…)
Le son a mis du temps à s’ajuster mais après 30 minutes de concert le résultat est là. Les morceaux se succèdent, le concert n’est pas mal, bien que globalement un peu décevant.
Le DJ reprend alors la main pour envoyer un medley reggae/hiphop démago en faisant chanter « Is This Love » de Bob Marley à l’audience. Il lance finalement l’instru du tube de Black Star « Definition » enchaîné avec « RE:DEFinition ».
La mayonnaise finit par monter et Talib nous gratifie de son tube « Just to Get By », produit à l’origine par Kanye West, rejoué ici par le HBE.
Mos Def, quand à lui clôture avec son morceau « Umi Says » extrait de son  premier album « Black On Both Side », un morceau chanté et planant.
Les deux rappeurs finissent le concert comme ils l’ont commencé, seul en scène avec le DJ qui joue « Wildlife » de Tony Williams sur lequel Yasiin Bey danse de manière improbable.
C’était un pari pour le festival que de programmer ce line-up. Une soirée assez mitigée dans l’ensemble : un Théâtre Antique peu rempli, de beaux moments musicaux mais quelques approximations tant en terme de spectacle qu’en terme de sonorisation. J’en ressors plutôt satisfait mais sans être totalement conquis.
Raphael Macler
Photos : Paul Bourdrel

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