mardi 13 novembre 2018
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Live Report : MAGMA – 11 juillet 2018 – Jazz à Vienne

MAGMA, enfin, nom de Zeuhl !

Bientôt cinquantenaire, Magma n’avait jamais été programmé à Jazz à Vienne ! Pour cette trente-huitième édition, le rugissant groupe de Christian Vander foule enfin la scène du théâtre antique.

Certes, ce n’est pas la foule des grands soirs, mais la proportion de spectateurs arborant le logo du groupe est de loin la plus importante de la quinzaine. Ayant découvert Magma dans un festival rock aux États Unis (8ème arrondissement !) à la fin des 70’s, je le revis à la Bourse du Travail dans les 80’s et au défunt Fort en Jazz dans les 90’s… Il m’aura fallu attendre 2018 pour le 21ème siècle !

Pour ce concert unique, le batteur Christian Vander est entouré, à cour, de Stella Vander, Isabelle Feuillebois et Hervé Aknin aux voix, Philippe Bussonnet à la basse et Jérôme Martineau au Fender Rhodes et, à jardin, de Benoît Alziary au vibraphone et Rudy Blas à la guitare.

C’est l’une des huit cymbales qui lance le concert. La musique semble ne vouloir jamais s’arrêter. Les voix racontent des histoires en kobaïen, langue imaginaire créée par Christian Vander. La musique est ce mélange unique de rock, de jazz, de musique contemporaine qu’est le « Zeuhl ». La puissance semble en être le maître mot et quand le batteur délaisse fûts et cymbales, c’est pour devenir chanteur avant de reprendre ses baguettes de chef d’orchestre.

Mon clavier manquant de K, de Z et de trémas, je ne vous ferai pas la liste des morceaux kobaïens de cette soirée « french touch ». Les porteurs de tee-shirt susnommés doivent cocher ceux qu’ils reconnaissent dans le déluge de notes déversées par le groupe pendant près d’une heure. L’octet est rejoint par Pierre Latute au trombone, Paul Antoine Roubet, Illyes Ferrera, David Mimey et Julien Buros aux saxophones. L’apport des soufflants n’est pas essentiel, mais permet un habillage sonore élargi pour la seconde partie du set. 

Les inconditionnels sont aux anges pendant ce voyage interstellaire. Les néophytes découvrent des univers uniques où tout semble écrit à la virgule près, seuls les soufflants invités ayant des partitions. Peu de place pour l’improvisation (quelques beaux soli de guitare) car les rythmes se succèdent, s’enchaînent, se chevauchent avec une maestria impressionnante. 

En rappel, Christian Vander chante une ballade issue de la période Offering, accompagné du clavier, du vibraphone, des cuivres et des voix.  Calmement, le public quitte le théâtre antique. Son écoute était parfaite tout au long de la soirée et se souvient de l’ultime phrase du batteur-chanteur : « Quoi qu’il arrive, on pense sans cesse à John Coltrane… »

Cent-cinquante musiciens sont passés par Magma… Treize albums studio ont été enregistrés… Quinze live ont été publiés… Un live de 1974 est annoncé pour le 31 août… Faudra-t-il attendre 2062 pour le « Live à Vienne » ? 

Christian Ferreboeuf
Photos : Catherine Manin

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