dimanche 23 juillet 2017
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Live Report : Trombone Shorty – 10 Octobre 2013 – Le Transbordeur

ROCK THE BONE !

Le jeune prodige de la Nouvelle-Orléans Troy Andrews, alias Trombone Shorty, est de retour avec un nouvel album « Say That To Say This », produit par Raphael Saadiq. À 27 ans, Shorty est déjà un homme de scène confirmé et c’est au Transbordeur qu’a lieu la date Lyonnaise de la tournée en compagnie de son band « Orleans Avenue ».

DU SUPAFUNKROCK…

C’est dans une salle bien remplie que le groupe fait son entrée sous les vivas : basse, batterie, guitare, section cuivre composée d’un saxophone ténor et d’un baryton. La formation balance de suite un mur de son en béton armé sur la foule !

En bon showman, Trombone Shorty fait alors son apparition : lunettes noires, les mains pointées vers le ciel, le trombone dans l’une, la trompette dans l’autre. Le timbre du trombone rempli rapidement tout l’espace sonore et s’envole dans un chorus enflammé.

« Bonsoir Lyon ! »  Voilà que le kid de la NOLA fait chanter le public dès sa première prise de parole, le ton est donné. Si l’album tire parfois sur la Pop FM, sur scène (passez-moi l’expression) on s’en prends « plein la gueule ! »

Le cuivriste surdoué est aussi chanteur lead, sans pour autant être le chanteur du siècle. Ses lignes mélodiques n’ont rien d’exceptionnel mais c’est toutefois propre et bien exécuté.

Shorty passera néanmoins le plus clair de son temps avec ses instruments à pavillon. Son aisance à passer indifféremment de l’un à l’autre de ses « binious » atteste de son adresse.

Troy Andrews sait mettre ses atouts en avant. Il entame un solo de trompette a capella au cours duquel il déploie sa virtuosité et fait languir le public pendant 5mn jusqu’à finalement attraper la note suraigu de conclusion que tout le monde attends.

…BIEN PLUS ROCK QUE SUPAFUNK !

Un peu de poudre aux yeux par ci, quand il envoie des rafales de notes dignes d’une sulfateuse avec son trombone, pas mal de groove par là quand le groupe démarre un « gros blues qui tâche » à la Muddy Waters. Les « yeaaah » du public ponctuent spontanément chacun de ses phrasés.

Mais en live, la musique de Shorty Andrews n’est au final pas si groove que ça. Elle tient bien plus du gros concert Rock qui ne laisse aucun répit aux spectateurs. La « guitare à grosse disto »  y est omniprésente et même dans les rares moments downtempo, l’énergie reste résolument saturée, lourde et manque parfois cruellement de finesse.

Avant de jouer le rappel, Andrews précise : Attention les gars, on viens de la « Nouvelle-Orléans » (en français dans le texte), on peut donc jouer toute la nuit !

Le leader charismatique s’offre alors un bain de foule pour rallier définitivement l’audience à sa cause. Une audience qui, de toute façon, n’aurait pas tenu toute la nuit étant donné le volume sonore à la limite du supportable que le groupe déploie.

Le concert s’achève dans une ultime débauche d’énergie avec le seul morceau typique de la funk Néo-Orléanaise du set. Je pousse un « ouf! » de soulagement tant ce moment s’est fait attendre…

En guise de bouquet final, les 6 musiciens finissent autour de la batterie, chacun se positionnant sur l’un de ses éléments.

Cet acte final transporte le public (conquis) dans un déboulé en plein cœur du Treme pour nous rappeler ô combien les rythmiques endiablées de Mardi Gras sont primordiales sur les rives de la Big Easy.

 

Raphaël Macler
Photographe : Paul Bourdrel / @paulbourdrel
Toutes les photos & illustrations du concert : ici