mardi 26 septembre 2017
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Live Report : Mary J. Blige – 10 Juillet 2017 – Jazz à Vienne

L’infatigable Mary J.  Blige

Enfin le jour le plus attendu par les fans de R’n’b est arrivé ! La Queen du Hip Hop Soul, Mary J. Blige en tournée en ce moment, effectue un stop par le Théâtre Antique de Vienne. Fébrile, impatient pour ceux ou celles qui la suivent depuis 1991, l’orage de l’après midi ne décourage pas le public qui arrive en masse au fur et à mesure.

Mary J. Blige, originaire de New York sera découverte à 20 ans par Puff Daddy aka P. Diddy, qui la prendra sous son aile et propulsera sa carrière. Son père était un musicien de Jazz. Quand ses parents se sont séparés, elle s’est réfugiée dans la musique dès le plus jeune âge, notamment dans la chorale de l’église.

Après la douceur et la grande classe de Lianne La Havas, le temps s’est rafraichi sur Vienne. Il est 22h, et les pronostics vont bon train, va-t-elle commencer avec son titre phare Real Love ? Comment sera-t-elle fringuée ? Va-t’ elle nous faire son fameux pas de danse : épaules en mouvement, et petit kick du pied (d’ailleurs à refaire absolument devant sa glace chez soi, cher lecteur.trice) ?

L’audience trépigne, la belle se fait attendre. 22h15, les lumières s’éteignent, le Théâtre n’est illuminé que grâce à la bardée de portables et autres objets lumineux. Les musiciens commencent très fort à coup de basse bien maitrisée. Je crie à tue-tête comme une adolescente prépubère : « Maaaary », et là après avoir retenu mon souffle, la Queen Mary fait son entrée telle une rock star ! C’est l’exultation au Théâtre ! Lunettes de soleil griffées, bombers léopard, talons de 12 cm, braids (tresses) blondes, la coiffure phare des stars afro-americaines en ce moment, Mary J. Blige chante haut et fort « you better love yourself », refrain de Love Yourself, écrit par Kayne West sur son 13e album studio (Strenght of A Woman).

Elle commence fort avec un set 100% old school, new jack et ses plus grands tubes : Enought Crying (qu’elle remixe avec le légendaire beat du tube Breathe and Stop du rappeur Q Tip),  I can love you,  Real Love  Everything. La musique s’enchaine et au fur à mesure, Mary J. prend une autre ampleur après nous avoir incité à nous aimer d’abord, elle raconte ses déboires sentimentaux.  La diva n’a vraiment pas eu de chance en amour. Son dernier album est inspiré de son tumultueux divorce qui a fait la une des médias outre-Atlantique. Mary est une femme blessée, humiliée, qui est bien décidée à régler ses comptes.

Ce soir elle partage tout avec ses fans de la première heure, ses états d’âmes, ses combats, elle les remercie chaleureusement d’avoir toujours été là, « vous m’avez sauvé» lance t-elle !  Elle exhorte les femmes aussi « Nous sommes fortes ! » et s’adresse aussi aux « fellas » (mecs) : « You only need one Queen, not two ! ». En clair messieurs, la tromperie est le pas ultime de la trahison et Queen Mary est bien décidé à vous le faire comprendre.

Elle crie et chante sa peine comme personne, vibes et scat. Mary maîtrise sa voix parfaitement et surtout interprète magistralement ! Elle rappelle le bagout, la douleur transformée en talent presque intouchable, – d’une Etta James par exemple. Elle ne fait pas que chanter de la Soul, elle la vit !

C’est impressionnant au point où les spectateurs restent parfois de marbre ou complètement subjugués par sa force vocale et son aura scénique. Certains reprochent le côté trop show à l’Américaine. Un non sens pour ma part. Tu ne peux pas venir voir une star comme Mary J. Blige et t’attendre à quelque chose de lisse ou conventionnelle. Le seul bémol de la soirée est niveau du son trop élevé dans la fosse, couvrant les mélodies et donnant la sensation d’une voix criarde à certains moments.

Après un changement de tenue pendant un interlude des musiciens, ses ballades et slows nous telétransportent dans les années 90, quand la musique était riche dans toute sa diversité. Mary elle-même l’affirme. Elle est le centre même de son show  (lumières toujours dirigées sur elle, pas de présentation de son band). On est une Diva ou on ne l’est pas !

Pourtant ses musiciens n’ont pas démérité ce soir, au contraire ! Le batteur Rexsell Hardy Jr est un monument de la batterie, connu dans le milieu gospel comme l’un des meilleurs batteurs de sa génération. Laissez-moi-vous dire que ce n’est donc pas une légende urbaine ! Hommage vibrant aussi aux choristes, Ashley Washington, Elizabeth Komba, Sharon Bennet avec leurs harmonies sans fioritures !

Presque en transe, point en l’air, elle scande « Fight for your life » (bats toi pour ta vie), en clair ne baisse pas les bras. Elle enchaîne ensuite avec un autre de ses tubes  No more Pain. Prise dans l’émotion du morceau, à la fin de celui-ci, elle feinte de s’évanouir. Le public est conquis !

Pour finir, Mary a exorcisé toute sa colère et tire sa révérence sur le titre One Love. L’amour reprend sa place et ça fait du bien. Elle aura permi d’attirer un autre public sur le festival et une autre approche de la Soul, propre à elle et son histoire.

Merci Queen, tu as dépassé mes attentes ce soir et je te souhaite te trouver cet homme qui t’inspirera de belles chansons d’amour où tu pourras y mettre toutes tes émotions, comme tu sais si bien le faire.

 

Astha Konaté / @http://youareunik.blogspot.fr/

Photographe : Paul Bourdrel / @paulbourdrel
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