samedi 23 septembre 2017
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Live Report : Pharoah Sanders – 03 Juillet 2017 – Jazz A Vienne

A l’occasion du cinquantenaire de la disparition de John Coltrane, Jazz A Vienne nous gratifie d’une soirée hommage à l’affiche alléchante, en invitant notamment la légende du saxophone ténor Pharoah Sanders, que beaucoup considèrent comme l’héritier direct du grand « Trane ».

Les musiciens font leur entrée sur un morceau atmosphérique assez libre rythmiquement. Le Quartet est composé de Pharoah Sanders au Saxophone Ténor, William Henderson au Piano, Oli Hayhurst à la Contrebasse et Gene Calderazzo à la Batterie.

Sanders a atteint l’âge respectable de 77 ans. Il a du mal à se mouvoir. Son entrée en scène se fait tout doucement, sous les applaudissements. Il n’aura pourtant aucun mal à contrôler son souffle à merveille au long du concert, n’hésitant pas à faire hurler son ténor dans les aigus grâce aux techniques de faux doigtés inventées par son confrère à qui l’hommage est rendu ce soir.

Le deuxième morceau débute par une longue introduction au piano, accessible et poétique. Puis le swing entre en jeu, modal, coloré. Les progressions musicales sont centrées sur l’émotion pure, souvent basées sur des pédales harmoniques. Le vénérable ancien à de l’allure et de la prestance avec son collier de barbe blanche et sa casquette à l’envers.

Le jeu de William Henderson au piano est tout à fait dans la lignée des grands albums de celui que Sun Ra avait surnommé le « Pharaon ». Les notes se prolongent, tout en sustain, avec beaucoup de résonance dans les arpèges et un son typé, texturé.

Chaque solo est ponctué d’applaudissements spontanés et sonores alors que le soleil se couche lentement sur le Grand Théâtre.

On assiste à des moments de beauté et à des envolées presque spirituelles comme lorsque le groupe interprète « The Creator Has a Masterplan », le morceau le plus connu de Sanders.

Le Maître n’hésite pas alors à prendre un micro et à faire chanter le Théâtre Antique qui répond du tac au tac. Le public ravi lance quelques hourra lorsque le vieux monsieur esquisse quelques pas de danse minimalistes. Les musiciens enchaînent sur un autre morceau beaucoup plus rythmé, chaloupé. Les claps retentissent dans l’arène romaine.

Le Quartet décide de sucrer un peu l’atmosphère en reprenant « The greatest love of all », le standard initialement enregistré par George Benson, une ballade langoureuse. Le moins que l’on puisse dire c’est que saxophoniste n’a pas perdu le son. L’émotion qu’il transmet est palpable, parfois douce, parfois violente, mais toujours en accord avec le moment.

Pharoah Sanders fait plusieurs tentatives afin que le Théâtre Antique tape dans le mains sur les 2èmes et 4èmes temps de la mesure mais ce n’est pas franchement une réussite. À force de persévérance ça fini presque par fonctionner.

Les morceaux s’enchaînent, oscillant du Be Bop traditionnel au Jazz Modal, en passant par des sonorités Bluesy et des rythmiques Syncopées. De temps en temps, le Saxophoniste prend le micro pour esquisser quelques vocalises de sa voix rocailleuse.

Les applaudissement sont toujours très fournis et le public passe un moment très agréable en compagnie de ce légendaire maître du temps et des émotions. Une entrée en matière tout à fait réussie pour amorcer une soirée hommage qui s’annonce tout en finesse.

Raphaël Macler

Photographe : Eric Meurice / @Eric Meurice
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