mardi 21 novembre 2017
Home / Live Report / Live Report : Trombone Shorty – 08 Juillet 2017 – Jazz A Vienne

Live Report : Trombone Shorty – 08 Juillet 2017 – Jazz A Vienne

« Que les cuivres nous emportent ! » C’est ainsi que Troy Andrews, alias Trombone Shorty, conclue la présentation de son dernier album, Parking Lot Symphony, sorti le 28 Avril 2017.

Ce nouvel opus, décrit par Shorty comme une œuvre de vie (« life record »), peut soulever quelques interrogations. Bien que festif dans l’ensemble, Parking Lot Symphony ouvre puis conclue sur le thème funèbre de Laveau Dirge.

En appréciant la performance de Trombone Shorty sur la scène du Théâtre Antique, à Jazz A Vienne, ce 8 Juillet 2017, on comprend mieux la lecture de son album, même s’il n’a joué que quelques morceaux de ce dernier, étonnement, dont It Ain’t No Use. En effet, entre le moment où l’on naît de poussière et celui où l’on redevient poussière, la vie peut fleurir d’éclatantes couleurs. C’est peut être pourquoi Troy Andrews et ses musiciens ont comme ambition de faire retentir l’éclat de leurs cuivres, jusqu’à leur dernier souffle (de vie).

En parlant de souffle, peut-on souligner la remarquable technique de respiration du jeune prodige qui a su tenir une note de 3 minutes à la trompette devant un public de 7000 personnes, toutes subjuguées. On aurait cru assister à un nouveau record dans l’histoire des solos de trompette. Tant de prouesses physiques, le concert prenait des allures de compétition sportive.

Trombone Shorty ne s’est pas privé de compiler autant de genres musicaux que possible durant le show. Lui et son groupe sont passés de l’esprit fanfare de la Nouvelle-Orléans aux ambiances rétro-Soul de Raphael Saadiq – lequel a produit son album Say This To Say That sorti en 2013. Quelques reprises sont également à noter : I Want You Back des Jackson Five ; When The Saints Go Marching In de Louis Armstrong.

Assumant complètement ses airs de rappeur, Troy et ses musiciens ont régalé le public avec des sonorités clairement marquées Hip-Hop/R&B old school, avant de voir l’audience du Théâtre Antique se déchaîner sur des variantes Trap/Hip-Hop new school. Saisissant  le micro pour rapper, le musicien se déchaine, nottament à l’aide de danses exubérantes. Tandis que le saxophoniste ténor, sans doute le plus enthousiaste de tous, plaçait quelques DAB entre deux notes.

Que l’on parle de Jazz, R&B ou de Hip-hop, les performances de Trombone Shorty montrent tout de même que la Funk et le Rock font principalement partie de son ADN.

Pour la Funk, les battles de cuivres entre le trombone et les deux saxophones en donnent une parfaite illustration. Quant au Rock, l’entrée sur scène des musiciens en est la preuve incontestable, avec une introduction purement rock’n’roll, voire hard rock. L’attitude rock star de Troy Andrews renforce bien cette idée. Il est de surcroît le premier tromboniste à échanger sa place avec son batteur en plein milieu d’un morceau  – et son jeu est solide !

« Rock star »  jusqu’au bout, et toujours ému de voir autant de monde se connecter à sa musique, le show man est allé jusqu’à quitter la scène pour descendre au contact du public. Une fois au cœur de l’audience, il a réussi à faire assoir tout le Théâtre Antique, avant de le faire sauter à pieds joints ! Le tout sur une reprise de Lenny Kravitz, pour la chanson finale. Un très bel hommage, quand on sait ce que Kravitz représente pour Shorty et combien il a contribué à sa carrière.

Enfin, Trombone Shorty est non seulement fidèle à sa légende de multi-instrumentaliste hors-pair, mais lui et son groupe sont des hommes au cœur humble. Touchés à chaque fois de l’amour que le public leur porte, et toujours prêt à reconnaître les talents de la nouvelle génération (ils ont en effet accueilli un jeune tromboniste de 17 ans, déjà repéré aux scènes ouvertes locales sur Lyon.)

Alors, une fois que « les cuivres [les auront] emporter »,  c’est de leur jovialité et de leur sincérité que l’on se souviendra pour toujours.

Marcus Gon / @Marcus Gon

Photographe : Claire Plantier
Toutes les photos de la soirée ici