Le maitre a joue
Credit Photo Migue Mariotti
Nous voilà chroniqueuses en herbe dans les jardins du Palais Longchamp à Marseille pour la clôture du festival »Jazz des 5 continents », Fj5c pour les plus avertis…
C’est que la tâche n’est pas aisée car au milieu de cette édition 2012 aussi belle que diversifiée, la programmation entre ce soir dans une autre dimension avec la présence d’une légende de la discipline : Mister Sonny Rollins.
Rappelons que Sonny Rollins a côtoyé des « grands » de son époque : Miles Davis, Thelonious Monk, Jay Jay Johnson, Charlie Parker, Fats Navarro, Bud Powell, Max Roach, Art Blakey.
Le concert affiche complet. La foule est là, hétéroclite. Certains spectateurs sont décontractés à la buvette, d’autres passe du bon temps sur une terrasse d’un restaurant éphémère guindé. C’est vraiment étonnant cette juxtaposition des deux lieux à quelques mètres l’un de l’autre !
À 21 h, ça s’agite. Ponctuels les musiciens s’installent, démarrent. L’ambiance est plantée, sous les pins, les cigales laissent la place à The Saxophone Colossus !
Le bonhomme est grand, même s’il arrive voûté du haut de ses 80 et quelques années. Il en jette avec sa chemise rouge et sa crinière argentée, son côté chancelant inquiète aussi. Et le souffle arrive, époustoufle. La magie opère, il ne reste plus que le musicien, l’ensorceleur. Les morceaux s’enchaînent, devenus classiques au fil du temps, mais revisités à chaque fois. Ouverture avec St.Thomas, puis nos oreilles reconnaissent les standards et nos pieds battent la mesures sur le hard bop et le feeling Caraïbes de Sonny Rollins. On termine le concert en beauté avant le rappel avec Don’t stop the Carnival.
Le saxophoniste ténor et compositeur de jazz s’est entouré de cinq complices : Peter Bernstein à la guitare, Bob Cranshaw à la basse, Clifton Anderson au trombone, Cobie Watkins à la batterie et Sammy Figueroa aux percussions.
Et c’est pendant plus d’une heure trente que dans un souffle inégal la légende nous emporte jusqu’à un dernier rappel auquel on ne croyait plus.
Si Sonny Rollins choisit chaque année ses concerts au compte goutte, c’est certainement pour ménager sa santé mais aussi pour garder toute sa spontanéité. On sait ainsi que l’instant vécu est rare.
Magique, vous disait-on ? Ce rendez-vous il ne fallait le manquer sous aucun prétexte. Historique peut-être…
Béatrice Ferrer/Cristel/Gille





